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Boiterie chez le chat : Comment savoir s'il s'agit d'un problème orthopédique ?

Photo du rédacteur: Rebecca De Arburn Parent
Rebecca De Arburn Parent
13 oct.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 11 heures




Tout savoir sur l'évaluation et l'origine des boiteries chez le chat


Un chat qui boite n’a pas toujours un problème orthopédique. La boiterie peut être causée par une blessure à la patte, une griffe incarnée, un abcès à la suite d’une morsure, un traumatisme, une maladie articulaire ou, plus rarement, un trouble neurologique ou circulatoire.


Chez le chat, les problèmes articulaires sont souvent discrets. Plutôt que de boiter franchement, il saute moins haut, hésite avant de monter sur un meuble, utilise moins sa litière ou se toilette moins bien. L’arthrose est très fréquente chez le chat âgé, mais elle passe souvent inaperçue. 


Elle se traite surtout par des médicaments, la gestion du poids et l’adaptation de la maison. La chirurgie est envisagée dans certaines situations précises. Une paralysie soudaine des pattes arrière, des pattes froides ou des cris de douleur nécessitent une consultation d’urgence.





Un chien qui a mal à une patte le montre généralement assez clairement. Il boite, il gémit parfois, il regarde sa patte avec un air dramatique. Le chat, lui, préfère la discrétion.


Dans la nature, montrer une faiblesse peut être risqué. Plusieurs chats ont donc tendance à cacher leur inconfort, à réduire leurs activités sans bruit et à s’adapter à leur douleur plutôt qu’à la montrer.


Résultat : lorsqu’un chat boite de façon évidente, le problème est parfois présent depuis un moment. Et lorsqu’il ne boite pas du tout, il peut tout de même souffrir d’un problème articulaire.



Toutes les boiteries ne sont pas orthopédiques


Avant de penser aux os et aux articulations, il faut écarter plusieurs autres causes fréquentes. Une boiterie chez le chat peut notamment être causée par :


  • un abcès à la suite d’une morsure ou d’une griffure, surtout chez les chats qui sortent;

  • une plaie, une écharde ou un corps étranger dans un coussinet;

  • une griffe incarnée, particulièrement chez le chat âgé;

  • une entorse ou une contusion après une chute;

  • une fracture ou une luxation à la suite d’un traumatisme;

  • une maladie articulaire, comme l’arthrose;

  • un trouble neurologique;

  • plus rarement, une tumeur osseuse;

  • un problème circulatoire, comme une thromboembolie.


Certaines de ces causes se règlent rapidement. D’autres nécessitent un examen approfondi, ou même une prise en charge d’urgence.



Abcès : la cause surprise des chats aventuriers


Chez le chat qui sort, l’abcès est l’une des causes les plus courantes de boiterie soudaine. Une morsure de chat laisse souvent une petite plaie presque invisible. Les bactéries se retrouvent toutefois sous la peau et peuvent former une poche de pus en quelques jours.


Le chat peut alors boiter, refuser de s’appuyer sur la patte, être abattu, manger moins ou faire de la fièvre. Une enflure chaude et douloureuse apparaît parfois au niveau de la patte.


Un abcès nécessite une évaluation vétérinaire. Il souvent être drainé, et un traitement contre la douleur et l’infection peut être prescrit. Ce n’est pas orthopédique. Mais c’est fréquent, et ça mérite d’être mentionné avant de parler de radiographies.



Les signes d’un problème orthopédique chez le chat


Un problème orthopédique touche les os, les articulations, les ligaments ou les tendons. Chez le chat, il se manifeste souvent par des changements de comportement plutôt que par une boiterie évidente. Votre chat peut notamment :


  • sauter moins souvent ou moins haut;

  • hésiter avant de monter sur un meuble, ou y monter en plusieurs étapes;

  • descendre des surfaces avec précaution plutôt que de sauter;

  • utiliser moins les escaliers;

  • faire ses besoins à côté de la litière, surtout si elle a des rebords élevés;

  • se toiletter moins bien, particulièrement le bas du dos et les pattes arrière;

  • avoir des griffes trop longues, parce qu’il les use moins;

  • dormir davantage ou jouer moins;

  • devenir irritable lorsqu’on le flatte ou le prend dans les bras;

  • avoir une démarche plus raide, surtout après le repos.


Plusieurs propriétaires attribuent ces changements à l’âge. « Il vieillit, il est plus tranquille. » L’âge n’est pourtant pas une maladie. Un chat qui ne saute plus sur le comptoir n’est pas nécessairement devenu sage : il a peut-être mal.



L’arthrose est une maladie dégénérative des articulations. Le cartilage s’use progressivement, l’articulation s’enflamme et des changements osseux apparaissent avec le temps.


Chez le chat, elle a longtemps été sous-estimée. Plusieurs études ont pourtant montré que des signes d’arthrose sont visibles aux radiographies chez une grande proportion de chats âgés. Les articulations les plus souvent touchées sont les hanches, les coudes, les genoux, les tarses et la colonne vertébrale.


Contrairement au chien, l’arthrose féline n’est pas toujours liée à une blessure ou à un problème de développement connu. Elle peut apparaître sans cause évidente, surtout avec l’âge. Certains facteurs peuvent toutefois favoriser son apparition ou aggraver ses signes, comme l’excès de poids, un ancien traumatisme ou certaines prédispositions de race.



D’autres problèmes orthopédiques à connaître


L’arthrose n’est pas la seule cause orthopédique de boiterie chez le chat. D’autres conditions peuvent nécessiter une évaluation ou une chirurgie :


  • les fractures, souvent à la suite d’une chute, d’un accident de voiture ou d’un traumatisme;

  • la rupture du ligament croisé, moins fréquente que chez le chien, mais possible, notamment chez les chats en surpoids;

  • la luxation de la rotule, qui touche certaines races plus que d’autres;

  • la dysplasie de la hanche, rapportée notamment chez certaines races de grande taille, comme le maine coon;

  • la fracture spontanée de la tête du fémur, qui touche surtout de jeunes chats mâles stérilisés et en surpoids;

  • certaines anomalies héréditaires du cartilage, comme chez le scottish fold;

  • les tumeurs osseuses, plus rares, mais à considérer chez un chat qui boite de façon persistante et progressive.


Chacune de ces conditions nécessite un diagnostic précis, puisque le traitement varie beaucoup de l’une à l’autre.



Diagnostic, traitements et solutions pour les problèmes articulaires félins




L’examen d’un chat qui boite représente parfois un petit défi. À la clinique, plusieurs chats se figent, se cachent ou refusent de marcher. 


Certains semblent parfaitement normaux sur la table d’examen, avant de recommencer à boiter dès leur retour à la maison. C’est pourquoi votre observation est précieuse.


Votre vétérinaire pourra notamment :


  • recueillir l’historique et les changements de comportement que vous avez remarqués;

  • observer la démarche de votre chat, lorsqu’il accepte de se déplacer;

  • palper les membres, les articulations et la colonne vertébrale;

  • évaluer la douleur et l’amplitude des mouvements;

  • réaliser des radiographies, souvent sous sédation;

  • recommander des analyses sanguines, notamment avant de prescrire certains médicaments.


Dans certains cas, des examens complémentaires peuvent être nécessaires, comme une analyse du liquide articulaire ou une imagerie avancée.



Filmer son chat : un outil étonnamment utile


Avant le rendez-vous, prenez quelques vidéos de votre chat à la maison. Filmez-le pendant qu’il marche, qu’il monte ou descend d’un meuble, qu’il utilise les escaliers ou qu’il entre dans sa litière. Quelques secondes suffisent souvent.


Ces images permettent à votre vétérinaire d’observer des comportements qu’il ne verra peut-être jamais en clinique. Votre chat ne sera probablement pas ravi de devenir une vedette. Mais pour une fois, ses talents d’acteur pourraient vraiment servir.



Comment traite-t-on l’arthrose chez le chat?


L’arthrose ne se guérit pas. Elle peut toutefois être bien contrôlée, ce qui améliore considérablement la qualité de vie du chat.


Le traitement combine généralement plusieurs approches :


  • la gestion du poids, qui réduit la charge sur les articulations;

  • les médicaments contre la douleur, prescrits selon l’état de santé du chat, notamment sa fonction rénale;

  • les traitements plus récents, comme certaines injections mensuelles d’anticorps ciblant la douleur liée à l’arthrose;

  • la réadaptation et l’exercice doux, adaptés au chat;

  • certains suppléments, selon les recommandations de votre vétérinaire;

  • l’adaptation de l’environnement, qui fait souvent une grande différence.


Le chat ne se plaint pas. Un bon plan de traitement lui permet souvent de reprendre des activités qu’il avait discrètement abandonnées.



Adapter la maison : petits changements, grands effets


Quelques modifications simples peuvent aider un chat arthrosique à rester actif et autonome :


  • une litière à rebords bas, facile d’accès;

  • des marches ou des rampes pour accéder à ses endroits préférés;

  • des bols de nourriture et d’eau accessibles sans sauter;

  • un lit douillet, chaud et facile d’accès;

  • des tapis antidérapants sur les planchers glissants;

  • des jeux doux pour l’encourager à bouger sans forcer.


Le chat aime ses hauteurs. Il préfère simplement y monter par l’escalier lorsque ses articulations le demandent.



Quand la chirurgie est-elle envisagée?


La majorité des chats atteints d’arthrose sont traités sans chirurgie.


Une intervention chirurgicale peut toutefois être recommandée dans certaines situations, par exemple :


  • une fracture qui doit être stabilisée;

  • une luxation d’une articulation;

  • une rupture du ligament croisé;

  • une luxation de la rotule qui cause de la douleur ou des boiteries répétées;

  • une fracture spontanée de la tête du fémur;

  • une hanche très douloureuse malgré le traitement médical.


Pour les problèmes de hanche, l’exérèse de la tête et du col du fémur est une chirurgie souvent utilisée chez le chat. Elle retire la tête du fémur afin de supprimer le contact douloureux entre les os. Une articulation fibreuse se forme ensuite à sa place.


Grâce à leur petite taille et à leur légèreté, les chats récupèrent généralement très bien de cette intervention.


Dans certains cas d’arthrose sévère touchant une articulation précise, d’autres interventions, comme la fusion d’une articulation, peuvent être discutées. Le choix dépend toujours de la condition, de l’âge du chat, de son état général et de sa qualité de vie.




Le chat est particulièrement sensible aux changements d’environnement. Le transport, les nouvelles odeurs, les bruits et la présence d’autres animaux peuvent augmenter son stress.


En chirurgie mobile, l’équipe spécialisée se déplace dans l’établissement vétérinaire qui suit déjà votre chat. Il évite ainsi un déplacement vers un nouvel établissement et reste entouré d’une équipe qui connaît son dossier et ses réactions.


Plusieurs interventions orthopédiques félines, comme la stabilisation de certaines fractures ou l’exérèse de la tête fémorale, peuvent être compatibles avec une prise en charge mobile lorsque l’établissement partenaire possède les installations nécessaires. Certains cas, comme un chat polytraumatisé ou instable, nécessitent plutôt la surveillance continue d’un centre de référence.



Comment Coupez accompagne-t-il les chats qui boites?


Chez Coupez, chaque dossier commence par l’analyse des informations transmises par votre vétérinaire : examen, radiographies, historique et vidéos, lorsqu’elles sont disponibles.


Nous évaluons si la boiterie relève d’un problème orthopédique, si une chirurgie peut être bénéfique et si elle peut être réalisée en mode mobile.


Lorsque la chirurgie n’est pas l’option la plus appropriée, nous en discutons avec votre vétérinaire, qui pourra mettre en place un traitement médical adapté. Votre vétérinaire connaît votre chat. Notre équipe apporte son expertise chirurgicale. Ensemble, nous cherchons la solution qui lui permettra de retrouver ses hauteurs.




En conclusion


Un chat qui saute moins n’est pas un chat qui vieillit tranquille. La boiterie chez le chat n’est pas toujours spectaculaire. 


Elle se cache souvent derrière une litière évitée, un divan délaissé ou un pelage moins bien entretenu. Un abcès, une blessure, une maladie articulaire ou une urgence peuvent tous provoquer une boiterie. Seule une évaluation permet de faire la différence.


Lorsque le problème est orthopédique, plusieurs solutions existent : traitement médical, adaptation de l’environnement et, dans certains cas, chirurgie. Votre chat ne vous dira pas qu’il a mal. Mais il vous laisse souvent des indices. Encore faut-il savoir les lire.






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